Comment créer un environnement de travail plus concentré chez soi

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Le télétravail s’est imposé par la force des choses dans le quotidien de millions de Français. Ce qui relevait de l’exception avant 2020 est devenu une pratique courante, voire le standard dans certains secteurs. Cela étant dit, certains employeurs tentent de revenir sur leurs pas, mais qu’importe, le mouvement est déjà par trop enraciné pour disparaître. Il n’en reste pas moins que travailler depuis chez soi pose un défi que beaucoup sous-estiment : l’environnement domestique n’a pas été conçu pour la concentration ! Entre les sollicitations familiales, les bruits du quotidien et les tentations à portée de main, maintenir son attention sur une tâche professionnelle demande des ajustements concrets.

Avoir un système stable et répétable

Le premier ajustement ne concerne pas vraiment l’environnement de travail… mais bien le travail lui-même. Pour l’illustrer, prenons le trading, activité qui a explosé selon l’AMF à la faveur des confinements. On savait les Français très riches en épargne (les bas de laine les plus élevés d’Europe !). Et bien aujourd’hui, des milliers de particuliers en vivent, ils achètent et vendent des actifs financiers depuis leur domicile.

Beaucoup d’entreprises du secteur financier ont mal traversé la période 2020-2021, et on a logiquement vu nombre d’anciens banquiers, anciens cadres de sociétés financières, conseillers en gestion d’actifs… se reconvertir en solo et mobiliser l’expérience qu’ils ont acquise de longues années à leur desk. D’autant que les marchés sont accessibles à tous via des applications et des plateformes en ligne. L’AMF a noté plusieurs centaines de milliers de nouveaux spéculateurs en fin 2021 !

Les actions et devises ont eu le vent en poupe, mais ce sont surtout les cryptomonnaies qui ont connu l’intérêt le plus fort. Logique, car leurs mouvements quotidiens, plus forts, sont plus propices à la rentabilité. Certains font de l’achat-revente classique.

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D’autres vont plus loin et utilisent des produits dérivés comme les options ou les futures. Ces contrats permettent de parier sur la hausse ou la baisse d’un actif sans le détenir directement, avec un effet de levier qui amplifie les gains comme les pertes.

Pour trader une option sur le Bitcoin rentable, il faut un cadre de travail qui ne tolère pas l’à-peu-près. Concrètement, un trader d’options doit surveiller plusieurs informations en parallèle :

  • Le prix actuel de l’actif,
  • Son évolution sur les dernières heures ou les derniers jours,
  • Mes volumes d’échange (qui indiquent si beaucoup d’autres investisseurs achètent ou vendent au même moment).

Il doit aussi suivre l’actualité susceptible d’influencer les cours. C’est là où nous parlons de système “répétable”.

Pour gérer ce flux d’informations sans se disperser, les traders expérimentés utilisent deux ou trois écrans, chacun dédié à une tâche spécifique : un pour les graphiques de prix, un pour les actualités financières, un pour l’exécution des ordres, etc. Les traders configurent également des alertes de prix.

Plutôt que de fixer l’écran en permanence, ils programment des notifications lorsqu’un actif atteint un seuil prédéfini. Cette technique libère l’attention pour l’analyse de fond. Mais ces pratiques ne concernent pas uniquement les traders. Elles illustrent des principes applicables à toute activité exigeant de la concentration à domicile.

Délimiter un espace physique réservé au travail

Nous avons parlé de créer un système répétable au cœur de son travail. Reste que peut-on vraiment travailler efficacement depuis son canapé ou sa table de cuisine ? La réponse est assurément non, et la raison tient à la façon dont fonctionne notre cerveau.

Dans la pratique, cela signifie que la chambre évoque le sommeil, le salon la détente, la cuisine les repas. Lorsqu’on tente de travailler dans ces espaces, le cerveau reçoit des signaux contradictoires qui nuisent à la concentration. Il “s’attend” à une activité de repos ou de loisir, pas à un effort intellectuel soutenu.

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En 1971, le neuroscientifique John O’Keefe a découvert dans l’hippocampe des neurones particuliers qu’il a appelés “place cells” (cellules de lieu). Ces cellules s’activent lorsqu’on se trouve à un endroit précis de son environnement.

L’hippocampe génère ainsi de véritables cartes cognitives : chaque lieu est mémorisé avec les activités et les émotions qu’on y associe. Cette découverte lui a valu le Prix Nobel de médecine en 2014. Voilà pour les fondements scientifiques de cette barrière mentale liée aux lieux !

La solution la plus efficace consiste donc à délimiter un espace physique exclusivement dédié au travail. L’idéal est de disposer d’une pièce séparée, même petite, qu’on peut fermer. Mais tout le monde n’a pas cette possibilité.

Dans ce cas, aménager un coin spécifique dans une pièce fait parfaitement l’affaire. L’essentiel est que cet espace reste constant et visuellement identifiable comme un lieu de travail. Dans la pratique, quelques repères simples aident aussi à marquer cette délimitation: Un bureau ou une table dédiée, une chaise confortable, un éclairage adapté, un paravent, etc.

Certains ajoutent un tapis ou un paravent pour créer une séparation visuelle avec le reste de la pièce. Le principe est de signaler au cerveau, dès qu’on s’installe à cet endroit, que le moment est venu de se concentrer.

Réduire les sources de distraction autour de soi

Il faut maintenant aborder la question des distractions. Mais quelles sont, au juste, les principales distractions qui nuisent à la concentration à domicile ? Elles se classent généralement en trois catégories : sonores, visuelles et numériques.

Les distractions sonores sont souvent les plus évidentes. Bruits de la rue, voisins, travaux, conversations dans les autres pièces, etc. Pour y remédier, un casque antibruit constitue un investissement intéressant. 

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Quantité de modèles proposent une fonction de réduction active du bruit (qu’on appelle “active noise cancellation” ou ANC) qui atténue considérablement les sons ambiants. À défaut, des bouchons d’oreilles simples ou une musique de fond neutre peuvent suffire.

Les distractions visuelles sont plus insidieuses. Un bureau encombré, du linge qui traîne dans le champ de vision, une fenêtre donnant sur une rue animée. Le cerveau traite en permanence les informations visuelles, même inconsciemment. Garder un plan de travail rangé et épuré réduit la charge cognitive et facilite la concentration sur l’essentiel.

Les distractions numériques représentent sans doute le défi le plus redoutable. Notifications de messagerie, alertes des réseaux sociaux, tentations de consulter ses emails toutes les cinq minutes. Quelques scrolls plus tard, quelques photos saisissantes sur les plus belles villes de France, et voilà qu’un bon quart d’heure s’est écoulé…

La solution passe par une discipline stricte : désactiver les notifications non essentielles pendant les plages de travail, mettre son téléphone en mode silencieux dans une autre pièce, utiliser des applications qui bloquent temporairement l’accès aux sites distrayants.

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